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« Sex and the City » au cinéma

Le billet du jour ne va pas être d’une originalité fracassante, je vous le concède. La moitié féminine de la blogosphère en parle. De quoi? De l’adaptation cinématographique de la série culte « Sex and the City ». Moi aussi, mouton parmi d’autres, j’ai vu le film. Je regarde la série depuis qu’elle a commencé à passer en deuxième partie de soirée sur M6 et je dois dire que je ne boude pas mon plaisir. C’est dire que malgré les critiques plutôt moyennes, je ne pouvais pas rater les 4 nanas sur grand écran.

A la base, ce devait être une séance en VO entre filles. Mais au final, et je passerai les détails, ce fut une séance en couple et en VF. Nous n’étions pas 10 personnes dans la salle, dont un trio de gamines qui ont caché leur 13 ans sous une couche de maquillage. Bref.

Attention: à partir d’ici, il se peut que je révèle des parties essentielles de l’intrigue…

Quand le générique de fin a défilé sur l’écran, je me suis demandé si j’avais apprécié. Question plus difficile qu’il n’y paraît. Ma première réflexion est que le film ne se suffit pas à lui-même, je suis persuadée que je l’aurais trouvé nettement plus fade si la série m’avait été totalement inconnue. Une grande partie des 2h25 de pellicule tient sur les 4 personnages (et non sur le scénario). Parlons-en du scénario.

A mon humble avis, le film est divisé en deux parties un peu trop nettes que je pourrais appeler ainsi: « La futilité c’est joli mais ça finit mal » et « Le romantisme le plus rose est la clé de l’histoire ». Entre deux, rien. Un brin de subtilité en plus n’aurait pas fait de mal. La série assumait pleinement son côté futile et en jouait agréablement; dans le film on a perdu cette finesse. La fin aurait pu être écrite par Walt Disney; fallait-il absolument une conclusion de conte de fées? Fallait-il même une vraie conclusion? Je suis peut-être un peu étrange mais j’aimais le côté lapidaire de la série: les personnages n’ont pas de famille (ou presque), travaillent assez rarement, sont hyper friqués et surtout ont des histoires « sans fin », sans conclusion absolue, ouvertes quoi. Cette dernière mention est la seule qui soit un tant soit peu « réelle » et c’est celle-ci que je trouve intéressante.

J’ajouterais qu’il y a quelques situations vraiment trop clichées et téléphonées. Pour boucher les trous, on a aussi ajouté des passages publicitaires âprement négociés. J’arrête ici ma critique du scénario pour passer à ce qui a retenu mon attention: les personnages et les actrices qui les jouent.

Carrie. Le personnages et l’actrice ont vieilli (z’avez vu le visage de la miss?? ça fait peur par moments, non?). Carrie retourne en arrière, vers le mystérieux Mr Big, qui a d’ailleurs maintenant un prénom et un nom. C’est à elle qu’incombe le rôle de l’héroïne classique, d’abord heureuse, puis très malheureuse et enfin très très heureuse (le fameux état initial, épreuves et état final). Au fait, Carrie n’a jamais été mon personnage préféré.

Miranda. Même première remarque que pour Carrie, mais en moins marqué. La femme trompée est aussi un grand classique, mais après tout c’est une situation courante. Pour le coup, j’ai regretté un peu le côté cynique de Miranda, côté qui s’est métamorphosé en amertume. Grâce à cette amertume, nous découvrons une Mirande souffrant de solitude, ce qui est un scoop.  J’ai beaucoup aimé le jeu de l’actrice et Miranda a  droit à quelques dialogues savoureux. La conclusion avec Steeve est très attendue mais après la séance de psy on y croit assez facilement.

Samantha. A croire que la plus âgée des 4 est en plastique, aucune ride ne semble pouvoir s’accrocher à son visage. Samantha est la seule à ne pas finir en couple et elle l’assume. La scène de rupture avec Smith est excellente. Tout ce qu’il y a avant est un peu superflu, j’aurais préféré un développement après son retour au célibat. Peut-être qu’il s’agit du personnage le plus proche de celui de la série.

Charlotte. Pas une ride non plus pour elle et un rêve réalisé. J’adore l’exubérance volontairement exagérée de Charlotte, c’est à mourir de rire. Certaines de ses répliques sont digne de « Autant en emporte le vent ». Dommage que ce personnage n’ait pas eu droit à un développement un peu plus élaboré et long. Elle n’a même pas droit à une véritable « épreuve » (elle en assez bavé avant, c’est pas moi qui dirai le contraire). M’enfin, elle fait un peu fade quand on ne connaît pas son histoire dans la série.

Alors, est-ce que j’ai aimé ou pas? Je crois que la réponse est oui, mais un petit oui. J’ai retrouvé avec plaisir Carrie, Mirande, Samantha et Charlotte, j’ai ri aux éclats et je n’ai pas regretté ma place de ciné. Par contre, j’ai déploré un scénario mal monté, plein de longueurs, de clichés et de situations attendues. En fait, cette séance m’a donné envie de revoir la série!

Une petite Ratatouille?

Comme souvent avec les films très connus, j’arrive après la bataille. « Ratatouille » n’a pas échappé à la règle. A la base, je suis plus Almodovar que Disney si vous voyez ce que je veux dire, mais comme ce Disney en question était en promo et que je n’avais plus vu de Disney depuis des lustres, j’ai craqué.

Je me souviens bien du Disney que je suis allée voir au cinéma, c’était « La Petite Sirène », en 1989 et j’avais 7 ans. J’avais adoré, d’ailleurs, avec ma maman, nous ne sommes pas passées loin du drame, quand, à notre première tentative, nous nous sommes retrouvés coincés dehors pour cause de salle pleine. Après ça, j’ai aussi beaucoup aimé « Le Roi Lion » (1994), en cassette vidéo s’il-vous-plaît. Passé ce dernier, je n’ai vu aucun Disney ou Disney-Pixar en entier. Les dessins animés plus anciens, je les a vues à la télé ou aussi en cassette vidéo. En regardant « Ratatouille » j’ai constaté d’un seul coup que j’avais raté toute l’évolution des longs métrages Disney, de « Toy Story » (marquant le début de la fin du « vrai » dessin animé) à « La ferme se rebelle » (dernier opus construit en partie avec des dessins à la main).

Je m’attendais à un bon vieux drame dont l’ami Walt a le secret, genre « Oliver et Compagnie » (traumatisée je suis par la scène du pauv’ tit chat abandonné dans son carton) ou « Le Roi Lion » (« viens mon fils, je vais t’apprendre la vie » style). Ben non. Du fun du début à la fin, on se croirait presque revenus au funky « Alice au pays des Merveilles » (voire « Dumbo » pour certains passages) ou aux cartoons déments datant de plusieurs décennies en arrière.

Ah la french « cou-i-sine », c’est un mythe pour les Américains on dirait. Des vues de Paris en veux-tu en voilà et surtout du vin dans tous les coins! J’ignorais que les Français (les Européens?) avaient une telle réputation de buveurs. Côté cuisine justement, je m’attendais à un festival d’images bien léchées de légumes, viandes et autres gâteaux, je pense par exemple au court métrage « Le rat des villes et le rat des champs ». Je me suis encore trompée. A part deux ou trois jolis morceaux d’oignons et une soupe palichonne, pas grand chose à se mettre sous la dent. Il faut dire que la cuisine n’est en fait qu’un prétexte à un film tournant sur les chapeaux de roue. Personnages déjantés (l’équipe des cuisiniers, les rats), gags et allusions, invraisemblances qui passent comme une lettre à la poste: qu’est ce qu’on s’amuse chez Disney! :-) On n’est plus tout-à-fait dans le schéma classique pur et dur de l’état initial-épreuves très difficiles et/ou drame-état final encore mieux que l’état initial.

Bien sûr, on échappe pas à la p’tite morale sur l’amitié, la famille et les passions, mais c’est quand même beaucoup moins balourd qu’à l’époque. Parlons-en de l’amitié, qu’est-ce que c’est que cette amitié entre un rat féru de cuisine et un jeune commis qui a tout du pantin?? Je me pose des questions. Le personnage du commis, Linguini, porte bien son nom de nouille: il ne sert à rien sauf à faire le bouffon, littéralement le pantin (!)

Pour terminer, j’avoue que je m’interroge encore sur cette ratatouille en forme de gratin, apparue à la fin du film, je sais que je suis loin d’être cuisinière mais c’est un peu trop nouvelle cuisine ça, nan?