Voilà juste un peu plus d’une semaine que notre 2ème fils nous a rejoint. Une semaine, c’est également le temps que ce bébé a décidé de passer en plus dans mon ventre.
Vendredi 5 novembre fut une journée très chargée. Nous avons commencé par déposer le Lutin chez ses grands-parents pour ensuite faire un petit passage chez le suédois des meubles. J’étais fatiguée. Je me suis assise sur un fauteuil d’exposition, au milieu de l’entrepôt. Une gentille dame est venue me demander si j’avais besoin de quelque chose. Cela faisait déjà plusieurs semaines que je ne pouvais plus sortir de chez moi sans recevoir des remarques d’inconnus (“Oh mon Dieu, ce sont des jumeaux??”, “Il y en a combien?? “C’est incroyable, je n’ai jamais vu ça”, etc.). Oui, j’avais un bien gros ventre. Ce jour là, ça ne m’a pas énervée. J’ai souri.
Plus tard, nous avons passé un moment avec des amis et profité de la grande ville pour acheter un calendrier de l’avent pour le Lutin (tiens, j’en reparlerai peut-être). Le soir venu, nous avons récupéré notre petit et la routine du soir s’est déroulée tranquillement. J’avais quelques contractions mais pas vraiment plus que d’habitude. Il était aux environs de 21h, nous regardions “My Girl” à la télé, un classique de mon enfance. Brusquement, j’ai entendu un gros “ploc” et j’ai senti quelque chose couler entre mes jambes. J’ai bondi du canapé aussi vite que mon gros ventre me l’a permis. Inondation. Téléphone à notre sage-femme et à la grand-maman du Lutin, départ pour la maison de naissance.
Dans la voiture, les premières vraies contractions sont arrivées et j’ai réalisé que c’était le grand soir. La sage-femme nous attendait sur le perron. J’ai repensé à la naissance du Lutin. Le travail s’est gentiment mis en place. La sage-femme nous a proposé d’aller dormir un peu dans la chambre, histoire de prendre des forces. Vers 2h du matin, il n’a plus été question de somnoler entre les contractions. J’avais très mal au dos et P’tit Mari devait appuyer très fort avec ses mains à chaque contraction. Souffler, laisser venir la vague, souffler. J’ai accepté avec bonheur le bain que l’on m’a proposé. L’heure que j’ai passée dans l’eau est plutôt floue dans mon esprit. Je me rappelle que je me concentrais sur l’idée que chaque concentration nous rapprochait de la naissance. Je savais aussi que je ne devais pas perdre ma concentration, sous peine de céder à la panique… P’tit Mari m’encourageait, tout était calme.
Je suis sortie du bain au moment où j’ai senti que le besoin de pousser arrivait. Accompagner ainsi chaque contraction m’a aidée à maîtriser la douleur. Chaque poussée est une petite délivrance, même si c’est épuisant. La naissance approchait. J’ai entendu P’tit Mari dire qu’il voyait la tête de notre bébé. J’ai poussé une dernière fois très fort et très longtemps et notre fils est né, sa petite main contre sa tête. 4h55*, samedi 6 novembre. Tout de suite, il est posé sur moi. Bienvenue bébé. Cette fois encore, j’ai nommé notre fils.
Premiers regards, moments magiques.
Je l’ai gardé sur moi longtemps. Puis ce fut le tour de P’tit Mari. Comme son grand frère, bébé a bien profité de sa “prolongation de bail”: 56cm pour pas moins de 5kg! Mon périnée est intact pour ceux qui se poseraient la question. Très beau souvenir d’accouchement. Merci P’tit Mari, merci N., merci la vie.
Nous apprenons notre vie à 4. Le grand frère est ravi. A bientôt.
*Pour la petite histoire, le Lutin est né à 16h51